Selon le benchmark AON x France Biotech 2025, un.e CEO de biotech francaise se situe entre 90 et 140 keuros de cash total en Seed, 140 a 200 keuros en Series A et 200 a 320 keuros en Series B+. Lu en fixe brut annuel, le meme benchmark donne 70 a 130 keuros en Seed, 140 a 220 keuros apres une Series A et 180 a 260 keuros en Series B+. Le fixe represente 70 a 80% du cash, complete par un variable cible de 15 a 25% et une equity BSPCE de 2 a 6%.
La remuneration des dirigeant.e.s de biotechs francaises reste l'un des sujets les plus mal documentes du marche. Entre un ecosysteme sous-capitalise face aux Etats-Unis et une professionnalisation acceleree des conseils d'administration, les fourchettes se clarifient enfin, stade par stade. Ce dossier rassemble les reperes publics disponibles sur le cash, le variable et l'equity, du premier tour Seed a la Series B+.
1. Trois paliers qui se lisent enfin, du Seed a la Series B+
Le benchmark AON x France Biotech 2025 etablit trois paliers nets. En phase Seed (moins de 5 millions leves), le.la CEO se situe entre 90 et 140 keuros de cash total, souvent avec une part fondatrice diluee de 30 a 60%. En Series A (5 a 20 millions leves), la fourchette monte a 140 a 200 keuros. En Series B et au-dela, le cash total atteint 200 a 320 keuros, et certains profils issus de big pharma ou de scale-ups americaines depassent 350 keuros sur les tours superieurs a 50 millions.
Lu en fixe brut annuel plutot qu'en cash total, le meme benchmark donne des bornes differentes, et c'est la source de la plupart des malentendus en board: 70 a 130 keuros pour un.e CEO pre-Series A, 140 a 220 keuros apres une Series A, 180 a 260 keuros en Series B+. Les deux lectures sont valides, a condition de preciser laquelle vous utilisez avant toute comparaison. Le Panorama France HealthTech 2026 (France Biotech x EY) rappelle enfin pourquoi ces enveloppes restent contenues: 62% des biotechs francaises emploient moins de 20 personnes, ce qui plafonne structurellement les budgets dirigeants.
2. Le fixe ne fait que les trois quarts de la decision
Le package type se lit en trois blocs. Le fixe represente 70 a 80% du cash total, indexe sur le stade et la taille d'equipe. Le variable cible pese 15 a 25% du fixe, declenche sur des jalons R&D (preuve de concept, depot IND, recrutement patients) et financiers (closing, tenue du runway). Vient enfin l'equity: 2 a 6% du capital fully diluted pour un.e CEO non fondateur.rice recrute.e en Series A, avec vesting 4 ans et cliff 1 an.
C'est ce troisieme bloc qui fait la difference. L'equity reste le levier d'attractivite numero un face aux ecarts de cash avec les Etats-Unis, ou un.e CEO de biotech a stade equivalent peut percevoir 2 a 3 fois le cash francais selon les rapports BioPharma Dive.
3. En Seed, le package se calibre sur le runway et non sur le marche
A ce stade, la question n'est pas combien vaut le poste, mais combien la tresorerie peut absorber. La mediane se situe autour de 95 a 110 keuros sur les structures de 1 a 10 salaries, et le Panorama France HealthTech 2026 confirme que la majorite des biotechs Seed operent encore sous le seuil de 2 millions d'euros leves, avec des salaires dirigeants alignes sur cette contrainte. Le bonus est rare, souvent remplace par des milestones equity: closing de la Series A, depot reglementaire, premiere preuve de concept in vivo.
Le curseur cash et equity reste tres ouvert selon le profil. Un.e CEO senior issu.e d'une big pharma acceptera rarement un fixe sous 110 keuros mais negociera moins l'equity. A l'inverse, un.e CEO entrepreneur.e en serie acceptera 80 keuros contre un package BSPCE plus agressif, pouvant atteindre 5 a 10% du capital pour un.e CEO recrute.e post-creation, avec des clauses de reacceleration en cas d'evenement de liquidite. Le fixe est generalement revu a 12 ou 18 mois.
4. La Series A fait entrer un troisieme acteur dans la negociation
Boucler une Series A, typiquement 15 a 40 MEUR leves en France, change la nature du sujet. Le.la CEO sort du regime fondateur fait de salaire symbolique et d'equity massif pour entrer dans une logique de package structure, formalise en comite de remuneration. Ce sont les investisseurs qui imposent alors un benchmark externe, pour eviter les ecarts non justifies au sein du comex. Le Panorama France HealthTech 2026 situe le ticket moyen de ces tours autour de 20 a 25 MEUR sur les operations bouclees en 2024-2025.
Trois composantes apparaissent simultanement: un fixe rationalise par benchmark sectoriel et non plus par capacite de tresorerie, avec une mediane proche de 180 keuros; un variable cible de 20 a 35% du fixe, indexe sur 3 a 5 jalons (avancement clinique, first patient in, milestones partenariats, recrutements cles du comex, tenue du cash runway); une reconstruction d'equity post-dilution, generalement entre 4 et 8% pleinement dilue. L'ecart de fixe se joue sur deux variables: un profil scientifique, PhD ou MD, se positionne plutot en bas de fourchette, un profil operationnel issu de la pharma ou de la medtech en haut; la localisation parisienne tire aussi les niveaux vers le haut.
5. En Series B+, le vrai sujet n'est plus le montant mais l'ecart europeen
A ce stade, le ou la CEO devient l'interface principale avec les investisseurs anglo-saxons, les agences reglementaires et les partenaires pharma. Le bonus cible passe a 25 a 40% du fixe, indexe sur des milestones lisibles par le board: depot CTA, lecture de Phase II, partenariats industriels, jalons de levee. La part equity se situe entre 1,5 et 4% du capital fully diluted pour un.e CEO recrute.e a l'externe, via un mix de BSPCE residuels et de nouveaux plans d'actions gratuites ou de stock-options. Le package total cash median converge vers 240 a 300 keuros, pendant que les levees medianes de Series B ont franchi 35 MEUR.
C'est la que le differentiel europeen devient un sujet de board. Les packages cash au Royaume-Uni depassent souvent 350 keuros et la Suisse peut atteindre 400 keuros equivalent, selon le comparatif europeen du benchmark AON x France Biotech 2025. Les agregats declaratifs Glassdoor, a manier avec prudence, situent un.e CEO biotech allemand.e ou suisse en Series B 20 a 35% au-dessus de son.sa homologue francais.e en cash. Deux leviers concrets permettent de ne pas perdre les meilleurs profils: compenser le delta cash par une equity plus generative, avec acceleration partielle au change of control, et construire un bonus de sortie aligne sur la creation de valeur reelle plutot que d'aligner le fixe au prix d'un burn-rate insoutenable.
À retenir
- Sur le cash, la France ne gagnera pas la comparaison europeenne.
- Sur l'equity, elle reste competitive grace au regime BSPCE.
- Un package Series B+ qui ne se bat que sur le fixe perd donc sur les deux tableaux: il ne rattrape pas Londres ou Zurich, et il consomme le runway qui devait financer la Phase II.
6. La dilution est l'angle mort qui se paie deux tours plus tard
Le risque le plus sous-estime n'est pas le montant initial, c'est son erosion. Un.e CEO qui descend sous 3% pleinement dilue apres une Series B perd un levier d'alignement majeur, et c'est typiquement la que les boards lucides activent un refresh grant. Sur les tours superieurs a 30 millions, prevoir une clause de re-up equity au closing du tour suivant evite la dilution non compensee sur les biotechs a cycle long.
Trois verrous limitent cette derive: le vesting 4 ans avec cliff 1 an fixe des la signature, une clause de single-trigger acceleration partielle en cas de licenciement post-Series A, et l'anticipation de la revalorisation du fixe au closing de la Series A pour eviter une renegociation defensive a 12 mois. Sur-indexer sur le fixe au detriment de l'equity reste l'erreur la plus couteuse a 24 mois.
7. Ce que vous pouvez verifier avant de poser une offre
Avant d'envoyer une proposition, croisez trois sources: le benchmark AON x France Biotech 2025 pour la fourchette cash, le cap table projete post-tour pour dimensionner l'equity, et un comparable terrain sur trois recrutements recents au meme stade. Faites valider ce benchmark en comite de remuneration avant la signature du term sheet, pas apres: le package existant sert ensuite d'ancre au tour suivant.
Decouplez enfin les jalons du variable de ceux de la prochaine levee: indexer 100% du bonus sur la Series B cree un conflit d'interet direct avec la gouvernance scientifique, au moment ou vous avez besoin d'une lecture honnete des donnees cliniques.
Aller plus loin
Méthodologie et sources
- France Biotech et EYPanorama France HealthTech 2026
- AON et France BiotechBenchmark remunerations 2025
Méthodologie et sources