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Chiffres clés de la HealthTech française

Baromètre HealthTech France


Entreprises, emplois, recrutements, financement, rémunérations, cadre social et IA générative : les chiffres de référence de la HealthTech française réunis en un seul dossier, et leur traduction RH.

SKS Talents15 septembre 20266 min de lecture

Ce que disent les données publiées sur la HealthTech française : un tissu de près de 2 800 entreprises, 80 000 emplois directs, un financement plus concentré et une tension salariale qui a débordé des métiers scientifiques. Et ce que chacun de ces chiffres implique quand vous recrutez.

Un secteur de près de 2 800 entreprises, 80 000 emplois directs, et un financement devenu beaucoup plus sélectif. Voici ce que disent les données publiées sur la HealthTech française, et ce qu'elles impliquent quand vous recrutez.

1. Un tissu dense, mais très fragmenté

La France compte environ 2 800 entreprises innovantes en santé en 2025, plus précisément 2 738 PME innovantes : 895 biotech, 1 393 medtech et près de 410 acteurs de la santé numérique.

Le secteur continue de créer, avec plus de 80 sociétés créées en 2024, mais le Panorama note aussi davantage de liquidations qu'en 2023. La création tient, la sélection se durcit.

Derrière ces volumes, la réalité est celle d'un tissu très fragmenté. Les entreprises du panel comptent 28 collaborateur.rice.s en moyenne, et une sur deux emploie moins de dix personnes. Vous ne recrutez donc pas contre des grands groupes, mais contre des centaines de structures de votre taille qui visent les mêmes profils.

2. L'emploi se maintient, la sélection se durcit

La filière représente environ 80 000 emplois directs, un ordre de grandeur cohérent avec les 75 600 estimés en 2024. Les entreprises du panel 2026 en totalisent 14 493.

Les intentions restent solides. Plus des deux tiers des entreprises ont recruté en 2025, et 78 % comptent recruter en 2026, pour 1 189 recrutements prévus. L'année précédente, 83 % envisageaient de recruter en 2025, pour 2 000 emplois annoncés.

Mais la sélection est réelle : en 2024, 68 % des entreprises ont recruté, et 14 % ont dû licencier. Un marché qui embauche et arbitre en même temps.

La concentration des besoins ne bouge pas. Près des deux tiers des recrutements prévus se répartissent entre R&D, commercialisation et production, dont 25 % pour la R&D et 20 % pour la commercialisation et le marketing. En 2024, trois quarts des recrutements visaient déjà la R&D, la production et le marketing.

C'est cohérent avec la structure de coût du secteur : 40 % de la masse salariale est concentrée sur la R&D ou le développement clinique.

3. Le financement, deux lectures opposées

Le total agrégé rassure. L'écosystème a levé 2,3 milliards d'euros en 2025, en baisse de 10 % par rapport à 2024. Dans ce total, 1 milliard vient du capital-risque, en hausse de 15 %, et 1,3 milliard de refinancements sur les marchés boursiers.

Le détail par entreprise dit l'inverse. Seules 20 % d'entre elles ont levé en 2025, contre 37 % en 2024. La durée moyenne d'une levée est estimée à dix mois, et la moitié déclarent rencontrer des difficultés pour se refinancer.

L'écart entre ces deux lectures est le vrai sujet. Le marché n'est pas fermé, il est concentré : quelques opérations importantes portent le total pendant que la majorité attend.

Le financement reste d'ailleurs la première préoccupation des dirigeant.e.s. Et la réponse ne passe plus seulement par la levée : les rapprochements, le co-développement industriel et le licensing sont en hausse.

Dans le même temps, l'activité progresse, avec une croissance du chiffre d'affaires de 21 % et des investissements de R&D en hausse de 10 %. La filière continue donc d'investir dans son futur pendant que l'accès au capital se resserre.

À retenir

Quand le financement se concentre, chaque recrutement doit tenir devant un investisseur. Ce n'est plus le nombre de postes ouverts qui compte, c'est la lisibilité de l'équipe que vous construisez.

4. Les rémunérations bougent, et pas seulement en science

L'enquête de référence sur les rémunérations du secteur repose sur 88 entreprises participantes, 2 531 titulaires, 19 filières métiers et 57 fonctions repères. C'est un panel assez large pour servir de repère de décision.

Entre 2021 et 2023, à panel constant, plusieurs fonctions dépassent 10 % de progression du salaire de base médian. Le poste de direction générale et celui de responsable ressources humaines ressortent à 19 %, la direction R&D à 14 %, la direction assurance qualité et le business développement à 12 %.

Le signal est net : la tension ne porte pas seulement sur les métiers scientifiques. Elle touche la direction, la qualité, les RH et le développement commercial. Autrement dit, les fonctions qui permettent de transformer une innovation en entreprise.

Face à l'inflation, 63 % des sociétés ont pris des mesures en 2022 ou 2023. Parmi elles, 70 % ont accordé des augmentations générales et 54 % ont versé une prime de partage de la valeur.

5. Un cadre social plus mature qu'il n'y paraît

Trois repères donnent la maturité réelle du secteur. 45 % des sociétés bénéficient du statut de Jeune Entreprise Innovante. 55 % ont plus de sept ans d'existence, et trois quarts moins de treize ans. La convention collective la plus représentée est celle de l'Industrie Pharmaceutique, à 60 %.

L'écosystème est jeune, mais plus débutant. Beaucoup d'entreprises sont déjà dans la zone où les sujets de rémunération, de structuration et d'attractivité deviennent décisifs.

Sur l'organisation du travail, un chiffre suffit à situer les pratiques : 20 % des sociétés ont mis en place une indemnité pour compenser les frais liés au télétravail. Donc 80 % n'en ont pas. Dans un secteur où une partie des métiers est par nature sur site, le télétravail ne se décrète pas de façon uniforme.

6. L'IA générative est déjà installée

Près des deux tiers des entreprises utilisent déjà l'IA générative dans leurs activités, et 44 % ont développé un ou plusieurs outils en interne.

L'adoption est très différenciée selon les segments : 53 % des biotech, 70 % des medtech et 73 % des acteurs de la santé numérique.

Conséquence directe sur le recrutement : les besoins en informatique et en data science ressortent comme les plus difficiles à couvrir. Ce n'est pas un sujet d'équipe tech isolée, il touche la R&D, la qualité des données et l'industrialisation.

7. Ce que ces chiffres changent pour vous

Trois lectures se dégagent.

  • Vous recrutez sur un marché concentré, pas déserté. Les intentions d'embauche restent élevées, mais les arbitrages sont plus durs et les besoins se concentrent sur les mêmes fonctions.
  • La tension salariale a débordé de la science. Direction, qualité, RH et business développement progressent autant que la R&D. Un benchmark qui ne regarde que les profils scientifiques vous fera rater l'essentiel.
  • La compétence data est devenue une compétence de filière. Avec deux tiers d'entreprises qui utilisent déjà l'IA générative, ne pas avoir de profil data crédible n'est plus un retard technique, c'est un retard concurrentiel.

Aller plus loin

Méthodologie et sources

  • France BiotechPanorama France HealthTech
  • France BiotechPanorama France HealthTech 2026
  • France Biotech et EYEnquête sur les rémunérations de la HealthTech 2023
  • France BiotechLes nouveaux enjeux RH des HealthTech

Signature éditoriale

SKS Talents

Article édité par SKS TALENTS pour aider dirigeants, DRH et équipes opérationnelles à lire les marchés, les talents et les signaux utiles à la prise de décision.

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